Fenêtre sur le passé
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1835

Les forestiers

Ce sont les compagnies forestières qui construisent les premiers établissements permanents d’origine européenne sur le territoire de Saint-Aimé-du-Lac-des-Iles. Vers 1835, la compagnie forestière Bowman et Bigelow envoie une équipe de bûcherons, dirigée par le fameux Jos Montferrand, personnage célèbre de l’histoire québécoise, pour défricher une section de la rive ouest de la rivière du Lièvre dans le but d’y installer une ferme forestière destinée à alimenter les chantiers locaux.

 

La présence de la Ferme Rouge motivera subséquemment l’établissement de colons dans la localité de Saint-Aimé-du-Lac-des-Iles et de Kiamika. Si ce second village bénéficie des services d’une société de colonisation pour stimuler son développement, le futur village de Lac-des-Iles lui ne peut que compter sur le bouche à oreille et l’excellent rendement agricole de la ferme forestière contribue à rendre les terres de la Haute-Lièvre attrayantes.

La ferme du Wabassee

Saviez-vous que?

Jos Montferrand

Jos Montferrand est une figure importante pour la région de la Haute-Lièvre, particulièrement pour les municipalités de Lac-des-Iles et de Kiamika qui bordent toutes deux les limites de la Ferme Rouge (la rive ouest et l’ile Siebert étant sur le territoire de la première, la rive est étant sur le territoire de la seconde). L’un des hommes forts du Québec à la réputation mythiques, Montferrand est également connu pour ses qualités de combattant. Selon la légende, en 1829, sur le pont de La Chaudière à Hull, il aurait envoyé 150 « shiners » (travailleurs d’origine irlandaise) valdinguer dans la rivière des Outaouais en utilisant l’un d’eux comme massue, le tenant par les pieds pour frapper ses adversaires.

1899

Le ministre de la colonisation Lomer Gouin en expédition à Lac-des-Iles, vers 1901

Premiers arrivants

C’est finalement le dynamisme de la colonisation de Mont-Laurier qui aboutira à la colonisation du canton de Bouthiller où se situe Lac-des-Iles. Les colons s’installent sur les deux rives de la ville de Mont-Laurier et cela ne prend pas de temps avant que de nouvelles familles commencent à s’installer vers le sud, le long de la rivière et pénètrent lentement le territoire du futur village. De 1885 à 1900 la colonisation continuera sa course lente vers le sud et en 1899, les premiers colons arrivent finalement, par le nord, dans le canton Bouthiller. Et accompagnant cette colonisation provenant de Mont-Laurier par le nord, d’autres colons pénétreront le territoire par l’est, via la colonisation du canton de Kiamika.

Saviez-vous que?

L'église anglicane de Lac-des-Iles

La décision sur l’emplacement de l’église, bien qu’ayant été faite dans un esprit de compromis, laissera plusieurs mécontents, particulièrement chez les colons établis à l’ouest du Lac des Iles, qui devaient voyager sur plusieurs kilomètres pour aller à la messe les dimanches. Une partie de cette population se tourne donc vers la religion anglicane. Ils formeront au fil du temps leur propre communauté, font construire une chapelle et y accueil un prêtre anglican. On trouve toujours, encore aujourd’hui, des vestiges du cimetière anglican sur le chemin du Tour-du-Lac.

1916

L'église de Lac-des-Iles

Formation du noyau villageois et municipalisation

Au début du 20e siècle, la population du canton commence à être suffisamment nombreuse pour justifier l’établissement d’institutions publiques et religieuses. Des discussions sur le site de l’église commencent à se faire entendre, mais on ne s’entend pas sur le site à choisir. Les colons établis au niveau de la rive ouest de la rivière du Lièvre souhaitent sa construction près du cours d’eau alors que ceux installés sur les rives du Lac des Iles la veulent sur la pointe du lac, plus à l’intérieur des terres. Ce serait le curé André Monet qui aurait tranché sur un site à mi-chemin entre les deux endroits proposés.

 

La chapelle est donc érigée en 1904. Sa présence à l’endroit choisi par le curé Monet motivera au final la formation d’un noyau villageois et la communauté prend de plus en plus forme. Deux ans seulement après la construction de la chapelle on procède à la fondation de la paroisse qu’on nomme Saint-Aimé-du-Lac-des-Iles en l’honneur du curé résident, l’abbé Joseph-Aimé Lemonde. Les choses s’accélèrent dans les années 1910. En 1915, on construit une première église pour remplacer la chapelle qui commence à être étroite pour tous les fidèles qui s’y présentent.  L’année suivante, en 1916, Lac-des-Iles se sépare de la corporation municipale des cantons unis de Wabassee, Dudley et Bouthillier dont elle faisait partie depuis 1895 pour former la municipalité de Saint-Aimé-de-Lac-des-Iles.

Saviez-vous que?

Le Mont Daniel

Le mont Daniel est un des rares exemples de centre de ski alpin dans les Hautes-Laurentides. La saga du mont Daniel commence en 1938 lorsque la famille d’Adjutor Blais s’installe sur la montagne de la presqu’ile pour exploiter une érablière et un moulin à scie. Avec le temps, la famille développe le centre touristique du mont Daniel qui offre des pistes de ski et de glissade avec remonte-pentes. Le centre ferme ses portes dans les années 2000.

1943

La Sogefor

Industrie forestière et crise économique de 1929

Une solide industrie forestière se développera durant les premières décennies du 20e siècle. Plusieurs moulins à scie y ouvrent leurs portes, mais la crise économique de 1929 mettra un frein à ce rapide développement industriel. Par chance, de nouveaux investissements, pendant la Seconde Guerre mondiale, permettre à cette industrie de revivre pendant l’après-guerre. Effectivement, Jean-Baptiste Dubé rachète en 1943 le moulin de M. Bélanger, au sein du village, qui était en difficultés depuis la crise. M. Dubé est en mesure d’injecter de l’argent dans sa nouvelle entreprise, fait construire un nouveau moulin en 1950 et se positionne rapidement comme l’un des employeurs majeurs du village et l’un des plus importants moulins à scie de la région des Hautes-Laurentides.

 

Cette vocation dans l’industrie de la transformation du bois, propulsée par le moulin à scie Dubé à partir de 1943, se concrétise d’autant plus avec l’implantation de la compagnie Sogefor au village en 1963 qui y fait bâtir une usine de contreplaqué. La Sogefor rachète le moulin à scie Dubé en 1972 pour l’intégrer à ses opérations, mais le revend l’année suivante à la compagnie laurier-montoise Bellerive Plywood qui fermera définitivement le moulin. Au final, le même sort attend la Sogefor qui est rachetée en 1994 puis subséquemment fermée par Uniboard Canada inc. qui centralise ses opérations à Mont-Laurier.

Années 1980

Conclusion

Depuis les années 1980, la municipalité de Lac-des-Iles occupe essentiellement une fonction résidentielle pour les habitants de la Haute-Lièvre qui trouve principalement de l’emploi à Mont-Laurier. Lac-des-Iles ayant d’ailleurs été brièvement fusionnée avec la ville de Mont-Laurier au début des années 2000 avant de redevenir une municipalité indépendante en 2004 à la suite d’un référendum tenu auprès des citoyens et citoyennes.