Fenêtre sur le passé
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1826

Les commerçants de fourrure

Contrairement aux autres villages de la région des Hautes-Laurentides, l’occupation d’origine européenne sur le territoire de Notre-Dame-du-Laus ne commence pas sous l’influence des forestiers, mais bien sous celle des commerçants de fourrure. C’est vers 1826 que la compagnie de la Baie d’Hudson, face aux changements des territoires de trappe dans les décennies précédentes, prend la décision de fermer son comptoir de traite là où la Lièvre se déversait dans la rivière des Outaouais pour en ouvrir un nouveau en amont sur la rivière du Lièvre, sur la pointe du lac des Sables, là où se trouve maintenant le village de Notre-Dame-du-Laus.

Magasin Moncion, anciennement le poste de traite

Années 1830

La ferme du Wabassee, en amont de la ferme des Pins

Les barons du bois

Les barons du bois ne sont toutefois pas loin derrière les commerçants de fourrure. La même décennie, ils investissent le territoire de Notre-Dame-du-Laus pour y exploiter la forêt, riche en grands pins blancs. C’est vers 1824 que les premiers bûcherons et draveurs atteignent le territoire de Notre-Dame-du-Laus, moment où les nouvelles lois canadiennes viennent stimuler les exportations de bois à l’extérieur du pays, principalement vers la Grande-Bretagne.

 

C’est l’entrepreneur forestier Baxter Bowman, installé à Buckingham, à l’embouchure de la rivière du Lièvre, qui obtient les premières concessions dans la région du futur village de Notre-Dame-du-Laus. Quelques années après l’obtention de sa concession, il fait construire une nouvelle ferme forestière pour alimenter ses chantiers les plus au nord, la ferme des Pins. Située sur la Lièvre, juste en aval du village de Notre-Dame-du-Laus, c’est le deuxième exemple d’établissement d’origine européenne du futur village.

Saviez-vous que?

Le prêtre missionnaire Eugène Trinquier

Originaire du diocèse de Gap en France tout comme Monseigneur Gigues, évêque du diocèse d’Ottawa au moment de l’arrivée de Trinquier dans la région. Ce serait à lui que l’on devrait la consécration des paroisses de la Lièvre à la vierge Marie. En effet, se trouve au sein du diocèse de Gap le sanctuaire de Notre-Dame-du-Laus, célèbre dans la chrétienté pour le nombre d’apparitions que la vierge Marie y aurait faites. Au moment de la création des paroisses de la Haute-Lièvre, l’influence de Trinquier se fait sentir. Elles sont toutes dédiées à la vierge Marie ( « Notre-Dame-de… » ) accompagnées du nom de paroisses de la région de Gap : Notre-Dame-du-Laus, Notre-Dame-de-Pontmain, Notre-Dame-de-Lourdes (Lac-du-Cerf) et Notre-Dame-de-Fourvière (Mont-Laurier).

1850 env.

Traverse en bac et construction du pont couvert, 1911

Premiers arrivants

L’établissement du poste de traite du Lac des Sables puis de la ferme des Pins quelques temps plus tard motivera les colons à s’établir à Notre-Dame-du-Laus au moment où le mouvement de colonisation débutera, leur présence offrant un soutien non négligeable pour les colons. En effet, ces deux institutions faisaient aussi office de magasins-généraux où les colons pouvaient se procurer des vivres et des outils en plus d’offrir le service de poste à une époque où la région était essentiellement isolée du reste du monde.

 

C’est ainsi que les premières familles de colons s’établissent sur les lots environnant le poste de traite et la ferme des Pins vers le milieu du 19e siècle. Les deux premières décennies de la colonisation sont lentes. Peu de familles s’y établissent et ce sont quasi exclusivement des colons-agriculteurs. Ces colons sont donc éparpillés sur le territoire et il est donc trop tôt pour vraiment parler de la formation d’un noyau villageois.

1873

Le presbytère

Formation du village

C’est à partir des années 1870 que le village commence à réellement prendre forme, avec l’arrivée du curé Trinquier. La population locale commence à y être importante et les plaintes adressées à l’évêque du diocèse à Ottawa, dont dépend la Haute-Lièvre, se multiplient. On réclame un prêtre, exaspéré de dépendre de la mission de Buckingham, plusieurs dizaines de kilomètres au sud sur la Lièvre. Leurs revendications sont entendues et en 1873 on fonde la mission de Notre-Dame-du-Laus et on y installe le prêtre-missionnaire Eugène Trinquier qui sera responsable de la vie religieuse sur toute la Haute-Lièvre jusqu’au moment où les autres villages s’organisent en paroisse.

 

Les décennies qui suivent verront naitre le village de Notre-Dame-du-Laus à proprement parler. La décennie 1870 seulement est extrêmement dynamique et aboutit sur la formation d’un noyau villageois avec ses institutions habituelles. L’année suivant l’arrivée du curé Trinquier, l’église et le presbytère sont construits. Les années suivantes on construit la première école du village de même que quelques écoles de rang. Le poste de traite du Lac des Sables est racheté par la famille McCabe qui en fait un magasin-général en bonne et due forme, en plus de continuer à y tenir le service de poste. Des industries, principalement des moulins à scie, commencent à faire leur apparition.

Saviez-vous que?

Municipalisation de Notre-Dame-du-Laus

C’est en 1876, 3 ans après l’arrivée du curé Trinquier, que le territoire de Notre-Dame-du-Laus s’organise en municipalité. C’est alors la naissance de la corporation municipale des cantons-unis de Bigelow-Wells-Blake-et-McGill. Il faut toutefois attendre l’année 1946 pour que la municipalité change de nom pour emprunter le même nom que sa paroisse et officiellement devenir le village de Notre-Dame-du-Laus.

1929

Les élèves du village, 1952

La crise économique de 1929

Les premières décennies du 20e siècle, on consolide les acquis déjà en place à Notre-Dame-du-Laus. Plusieurs autres contractants forestiers lancent leurs activités et, au niveau du village, on agrandit l’église. Un dynamisme qui prendra fin avec la crise économique de 1929. L’économie forestière québécoise est alors durement touchée et Notre-Dame-du-Laus, dont l’économie repose majoritairement sur l’industrie forestière, voit son développement économique massivement ralenti.

 

Pire encore, cette même année, en 1929, la compagnie forestière MacLaren commence la construction d’un nouveau barrage sur la Lièvre, juste en amont du village de Notre-Dame-du-Laus. Terminé en 1930, le barrage des Cèdres cause l’inondation d’une partie du village. Plusieurs villageois sont contraints de se relocaliser et beaucoup de terres aménagées depuis des décennies sont perdues, dont le terrain où se situait l’ancien poste de traite du Lac des Sables.

1945

La mine de graphite, fermée dans les années 1980

L'après-guerre et diversification économique

Après la Seconde Guerre mondiale, l’industrie forestière continue d’être chambranlante, une situation qui ne fera qu’empirer à partir des années 1970, à la suite des deux crises pétrolières. Notre-Dame-du-Laus se tourne alors de plus en plus vers l’industrie touristique pour pallier aux manquements de l’industrie forestière. La villégiature autour de la rivière du Lièvre, du Lac 31 Miles et des autres lacs environnants, devient avec le temps une source importante de revenus pour la municipalité de Notre-Dame-du-Laus. Cette situation perdure jusqu’à ce jour et, encore aujourd’hui, Notre-Dame-du-Laus est une localité touristique particulièrement prisée dans la région.