Fenêtre sur le passé
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1845

Premiers arrivants

C’est vers 1845 que les quatre frères Grenier quittent le Maskinongé en partance pour l’Outaouais, en quête de travail auprès des barons du bois. Arrivés à Buckingham, deux des frères décident de s’y établir. Pierre et Onésime prennent plutôt la décision d’aller travailler plus haut sur la rivière du Lièvre pour le compte des compagnies forestières, alors seule vraie présence d’origine européenne présente sur le territoire de la Hautes-Lièvre.

 

Lors de leur emploi en Haute-Lièvre, les deux frères constatent la beauté de la région et entreprennent des démarches pour s’y établir, plus précisément là où le Lac du Camp se déverse dans la rivière du Lièvre. C’est vers la moitié du 19e siècle, peu de temps après leur départ du Maskinongé, que leur souhait se réalisera. Les deux frères s’installent avec leurs femmes, elles-mêmes des sœurs, les sœurs Moustique et Sophie Robert, sur des terres qui deviendront plus tard le village de Notre-Dame-de-Pontmain. Alors qu’Onésime et Sophie s’installent sur le lot 17 (aujourd’hui la sortie nord du village, juste passée la halte routière), Pierre et Moustique s’installent sur le lot 16 (aujourd’hui le cœur même du village, où se trouvent l’église et l’Hôtel de ville).

 

Ce sont alors les véritables premiers colons en Haute-Lièvre. On compte bien d’autres établissements d’origine européenne dans la région, notamment le poste de traite du Lac des Sables à l’endroit où Notre-Dame-du-Laus sera fondé ou la ferme du Wabassee un peu plus haut sur la Lièvre, mais ce sont là des établissements commerciaux et non des tentatives d’occupation du territoire. Les décennies qui suivent, d’autres colons seront attirés par le potentiel du futur Notre-Dame-de-Pontmain et, encouragées par la réussite des couples Grenier-Robert, plusieurs familles s’établissent. On compte ainsi, en 1881, 35 familles vivant dans le village.

Le curé Barrette descendant la rivière

1880

Vue sur le village

Un lent commencement

Les colons de Notre-Dame-de-Pontmain paient toutefois le prix de leur avant-gardisme. Colons dans une région dont le mouvement de colonisation n’est pas encore réellement enclenché, ils doivent faire preuve de patience avant de se doter des institutions qui accompagnent normalement la fondation d’un village. C’est pourquoi Notre-Dame-de-Pontmain doit attendre les années 1880 (moment où la colonisation des Hautes-Laurentides s’enclenche sous la poussée du curé Labelle), soit trente ans après l’établissement des frères Grenier, pour qu’on commence à voir le village réellement s’organiser.

1895

La première église

La formation du village

En 1884, on construit une première chapelle pour accueillir le curé missionnaire de Notre-Dame-du-Laus, Eugène Trinquier, lorsqu’il vient dire la messe au village. Un premier bureau de poste est érigé durant la décennie. Quelques années plus tard, en 1895, les colons de Notre-Dame-de-Pontmain se dotent d’une première institution politique avec l’érection de la corporation municipale des cantons unis de Wabassee, Dudley et Bouthillier. Trois ans plus tard, c’est au tour de la première institution scolaire de faire son apparition avec la construction de la première école du village.

 

Le dynamisme est au rendez-vous à Notre-Dame-de-Pontmain au début du 20e siècle également. Le nombre de fidèles augmentant constamment, on remplace la chapelle de 1884 par une église en bonne et due forme en 1902. Une bonne chose puisque la paroisse est érigée cinq ans plus tard, en 1907. Et qui dit paroisse dit curé résident. C’est François-Xavier Barette qui prendra la première cure de la paroisse de Notre-Dame-de-Pontmain. Il résidera deux ans chez M. Trudelle, le temps que le presbytère soit terminé, en 1909.

Saviez-vous que?

Origine du nom Pontmain

Le curé-missionnaire Eugène Trinquier, établi à Notre-Dame-du-Laus à partir de 1873, aura eu une vaste influence sur les paroisses de la Haute-Lièvre. Seule présence religieuse dans la vallée pendant une quinzaine d’années, c’est lui qu’on consulte lorsque vient le temps de nommer les paroisses. Au moment de la création de la paroisse de Notre-Dame-de-Pontmain, le curé Trinquier propose de rendre hommage au sanctuaire de Pontmain, dans la ville de Gap en France, d’où il est originaire. Ce sanctuaire est un important lieu de pèlerinage chrétien depuis que la vierge Marie y serait apparue au 19e siècle. La locution « Notre-Dame » réfère également à la Vierge Marie, un autre exemple de l’attachement qu’avait l’abbé Trinquier envers cette figure religieuse.

1916

Le magasin-général Rubald-Paquette

Changements municipaux

Au début du 20e siècle, le territoire de Notre-Dame-de-Pontmain se rend, au nord, jusqu’au grand Lac des Iles. Les colons qui y sont établis sont mécontents de l’éloignement avec le cœur villageois (et ses institutions) qui se trouvent à la décharge du Lac du Camp. C’est ainsi que le 8 mai 1916, Notre-Dame-de-Pontmain perd une bonne partie de son territoire lorsqu’on divise la municipalité des Cantons Unis de Wabassee, Dudley et Bouthillier en amputant une majeure partie du canton Bouthillier, là où se trouve le Lac des Iles.

 

En 1945, on change donc le nom de la municipalité pour lui donner le même nom que la paroisse, soit Notre-Dame-de-Pontmain. En 1954, une nouvelle perte de territoire survient lorsqu’une partie des habitants du canton de Dudley devient la municipalité de Lac-du-Cerf.

1945

Église et presbytère en 2007

L'après-guerre et la diversification économique

Avec ces pertes successives de territoire s’accompagnent des pertes successives de citoyennes et citoyens municipaux et donc des pertes de revenus pour Notre-Dame-de-Pontmain. Toutefois, la municipalité et les citoyens savent s’en sortir et faire preuve d’initiative et d’imagination pour maintenir le village vivant. Dans les années 1970, alors que l’industrie forestière régionale bat de l’aile, une manufacture de couture, la manufacture De Pratto, ouvre ses portes en plein cœur du village. Mais c’est vraiment avec l’industrie touristique que Notre-Dame-de-Pontmain a su tirer son épingle du jeu et maintenir son économie dynamique. En saison estivale, la population de la municipalité triple grâce aux villégiateurs et aux amateurs de plein air. Si la beauté du paysage a su charmer les frères Grenier il y a 150 ans, elle sait tout autant le faire aujourd’hui avec les touristes.

Saviez-vous que?

Écrasement d'avion supersonique

Le 28 avril 1957, un avion supersonique de l’armée canadienne s’écrase près du village. Les deux pilotes s’étaient éjectés au-dessus du village, l’un finissant accroché dans les arbres et l’autre atterrissant près de chez Josephat Constantineau. L’armée canadienne arrivera rapidement sur place et établira un périmètre de sécurité pendant deux semaines, empêchant quiconque de s’approcher des débris de l’appareil. La carcasse de l’avion serait toujours à l’endroit où il s’est écrasé, piégée par la vase.