Fenêtre sur le passé
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1899

Premiers arrivants

C’est avec Joseph Quévillon qu’on constate la première trace d’habitation permanente d’origine européenne sur le futur territoire de Mont-Saint-Michel. Le premier colon de la future municipalité arrive de Sainte-Adèle en 1899 pour s’installer dans le canton Gravel. Plusieurs familles suivent son exemple dans les années suivantes et un noyau villageois commence à se former sur la rive ouest de la Lièvre, une quinzaine de kilomètre au nord de Ferme-Neuve. La petite communauté ne perd pas de temps à s’organiser et à se doter des institutions nécessaires à la vie moderne québécoise de l’époque.

Joseph Quévillon

Saviez-vous que?

Saint-Michel-des-Cèdres

Avant 1928, le village de Mont-Saint-Michel s’appelait Saint-Michel-des-Cèdres. Possiblement, le nom « Michel » aurait pu être choisi pour rendre hommage au curé desservant, Michel Martin, alors que le mot « cèdres » aurait été emprunté au rapide du même nom qui se trouve à l’entrée du village. Le nom ressemblant à celui de la ville de Saint-Michel-des-Saints et voulant éviter la confusion dans la livraison du service postal, on prend la décision de renommer le village au moment de l’obtention de son statut municipal. On garde l’hommage au curé Michel Martin et on ajoute la locution « Mont » en raison de l’église nouvellement construite sur une colline au sein du village. Le nom Mont-Saint-Michel évoque par le fait même le célèbre et magnifique monastère français du même nom.

1918

1928

La chapelle et le second presbytère

Formation du noyau villageois et municipalisation

En 1911, le village obtient le statut de mission catholique et le curé de Ferme-Neuve, Michel Martin, est désigné comme curé itinérant devant venir y faire la messe périodiquement. En 1912, un premier bureau de poste est ouvert et en 1915 une fromagerie ouvre ses portes. La même année, la population locale commence des demandes auprès du diocèse de Mont-Laurier pour qu’un prêtre permanent soit installé au village. Leur requête est acceptée en 1918. On détache la nouvelle paroisse de celle de Ferme-Neuve et on la crée en regroupant 41 familles du canton Gravel, 11 du canton Moreau et 16 de celui de Décarie. L’église est érigée et le premier curé résident, l’abbé Pascal Thibault, s’y installe alors. L’année suivante, en 1919, on construit le presbytère et le village se dote de sa première commission scolaire. On construit aussi cette année-là le premier pont du village, sur la Lièvre, qui permettra aux colons installés à l’est de la rivière d’accéder facilement aux services majoritairement situés sur la rive ouest.

 

Bien que le village ait alors toutes les institutions nécessaires, il faut attendre les années 1920 pour que Mont-Saint-Michel obtienne son statut de municipalité. Les habitants du territoire sont alors desservis par la municipalité des cantons unis de Würtele, Moreau et Gravel dont la gestion se tenait essentiellement à Ferme-Neuve. Les habitants de Mont-Saint-Michel multiplient donc les actions pour obtenir leur statut municipal qui leur permettrait de se doter de services municipaux à proximité. Leur vœu est exaucé en 1928 lorsque le village se détache de la municipalité de Ferme-Neuve pour en devenir une à part entière. Oscar Quevillon est alors élu comme premier maire.

Saviez-vous que?

La scierie Labelle

En 1909, François-Xavier Bissonette arrive de Napierville avec la machinerie de son moulin, en pièces détachées. Il opérait déjà le moulin dans son village d’origine, mais après la mort de sa femme et la hausse en difficultés pour s’approvisionner en bois, il décide de le déménager sur les rives du lac Gravel, où les arbres abondent. Le moulin est installé aux abords du lac en 1909 et reste dans la famille jusqu’en 1929. En 1931, Honorius Labelle en prend possession et le modernise. En 1945, il le déménage à l’entrée du village et le modernise à nouveau. L’argent injecté par M. Labelle durant ces années difficiles pour l’économie forestière aura certainement contribué à maintenir l’entreprise compétitive et, à la sortie de la Seconde Guerre mondiale, la scierie Labelle se positionne comme l’un des employeurs principaux du village. L’entreprise ferme finalement ses portes en 1965, à cause de difficultés d’approvisionnement.

1929

Chantier d'Odilon Raby avant la guerre

Crise économique et industrie touristique

Mais l’année suivante, le village connait un coup dur. Comme pour la plupart des autres localités des Hautes-Laurentides, l’économie reposait en bonne partie sur l’industrie forestière qui connait d’importantes baisses d’activités à la suite de la crise économique de 1929. La compagnie MacLaren, qui possède les droits de coupe sur la Lièvre, réduit ses contrats avec les contracteurs régionaux. Les moulins à scie, nombreux sur le territoire de la municipalité, connaissent des années difficiles et certains se voient dans l’obligation de fermer leurs portes.

 

S’opère alors un virage vers l’industrie touristique à partir des années 1930, qui s’accélère durant la période d’après-guerre. Plusieurs pourvoiries, clubs privés et, plus tard, Zecs, ouvrent leurs portes sur le territoire. Toutefois, Mont-Saint-Michel fait face à une solide compétition de la part de Ferme-Neuve qui développe dans ces mêmes années les zones touristiques du réservoir Baskatong et de la Montagne du Diable. Face à cette compétition, l’industrie touristique de Mont-Saint-Michel n’aura pas la possibilité de se développer à son plein potentiel et le virage vers cette nouvelle économie ne sauve pas le village. Pendant la guerre, la vivacité économique est toujours basse et plusieurs familles quittent pour l’Abitibi, connectée par une route à notre région à partir de 1940.

Saviez-vous que?

Air Melançon

En 1962, Réal Melançon suit les pas de son frère Zénon, installé à Saint-Anne-du-Lac, et prend la décision d’ouvrir une compagnie de transport par hydravion à Mont-Saint-Michel. Il transporte les touristes venant chasser ou pêcher vers les lacs et territoires inaccessibles par voie terrestre. La compagnie dessert les pourvoiries Moselle-Natakim, Sauterelle et Baie du Nord qui sont accessibles seulement par la voie des airs. Elle reste dans la famille Melançon jusqu’en 2017, moment où la compagnie Air Tamarac, basée à Clova, la rachète pour la maintenir en activité jusqu'à ce jour, maintenant basée à Sainte-Anne-du-Lac.

1945

La rue principale

Après-guerre et histoire récente

Heureusement, le village connait une période de vivacité économique durant l’après-guerre. L’industrie touristique prend en importance avec l’avènement de la classe moyenne et la démocratisation du transport automobile, mais c’est la relance de l’industrie forestière qui explique majoritairement cette revivification.

 

Ce dynamisme dure jusqu’au début des années 1980, moment où une nouvelle crise économique cause une nouvelle fois l’effondrement de l’industrie forestière. Le village peut toutefois compter sur quelques compagnies aux reins solides qui continuent d’employer des travailleurs forestiers et, jusqu’à ce jour, Mont-Saint-Michel reste un village résolument tourné vers la foresterie, bien que le tourisme occupe aujourd’hui une place de choix dans l’économie de la municipalité. Plus récemment, comme beaucoup des villages périphériques à Mont-Laurier, Mont-Saint-Michel occupe aussi une fonction résidentielle pour tous les travailleurs de la Haute-Lièvre dont les emplois sont majoritairement concentrés à Mont-Laurier.