Fenêtre sur le passé
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1886

La ferme d'en Haut

Premiers arrivants

Le village de L’Ascension ne fait pas exception à la majorité des villages des Hautes-Laurentides et, comme ces derniers, tire ses origines dans l’exploitation forestière. C’est vers 1855 que la compagnie Hamilton Brothers, qui exploite les forêts de la rivière Rouge depuis le début du siècle, fait construire une ferme forestière, la plus au nord sur la rivière, pour alimenter ses chantiers les plus éloignés. Justement nommée Ferme d’en Haut en raison de sa position sur la rivière, la ferme se situait à environ 2 kilomètres au nord du noyau villageois actuel et s’étendait sur les deux rives, un chaland permettant de traverser la rivière.

 

À partir du début des années 1880, les cantons de la Haute-Rouge sont ouverts à la colonisation, dont ceux de Lynch et de Mousseau sur lesquels se trouvent aujourd’hui L’Ascension. Avec l’arrivée des colons-agriculteurs, les compagnies forestières comme la Hamilton Brothers changent leur fusil d’épaule ; plutôt que de produire les denrées nécessaires pour alimenter leurs chantiers forestiers, ils commencent à acheter ces mêmes produits aux colons qui, alors isolés des marchés du reste de la province, n’ont d’autres choix que de vendre à des prix ridiculement bas.

 

C’est ainsi que la Hamilton Brothers se débarrasse de la Ferme d’en Haut, celle-ci leur étant devenue inutile, en 1886 en la vendant au colon Ambroise Charbonneau. Ce dernier est encouragé par le succès des autres entreprises de colonisation sur la Rouge qui ont eu lieu quelques années auparavant en plus de la productivité de la ferme qu’il vient d’acheter, la Ferme d’en Haut. Ce n’est toutefois pas le premier habitant du futur village de L’Ascension, car déjà en 1884 le curé Labelle mentionne dans une lettre à Monseigneur Fabre que la chapelle de L’Ascension est en construction, ce qui atteste de la présence d’au moins quelques familles d’agriculteurs.

Saviez-vous que?

La première messe célébrée… le jour de L’Ascension

La première messe célébrée sur le territoire fut tenue le jour de L’Ascension 1891, une fête chrétienne qui célèbre l’élévation corporelle du Christ au ciel après sa résurrection. On dit que c’est la raison pour laquelle le village porte aujourd’hui ce nom, bien que des écrits précédant 1891 attestent que l’endroit était déjà appelé ainsi avant cette date.

1903

1905

Le couvent-école Saint-François-Xavier

Le village prend forme

Les années qui suivent, d’autres colons se joignent aux premières familles et le village grandit. Vers la fin du 19e siècle, la chapelle du village commence à être trop petite pour accueillir tous les fidèles de L’Ascension, ce qui aboutit en 1903 à la construction de l’église sur le lot 25 du rang II du canton Mousseau, désignant par le fait même l’endroit où le cœur du village allait se former dans les années à venir. Cette décision est prise par le curé Eugène Corbeil, le premier curé de la toute nouvelle paroisse de L’Ascension, érigée cette même année (le territoire du village était une mission depuis 1891 desservie par les jésuites de Nominingue).

 

En 1905, le village se dote officiellement d’un statut municipal lorsqu’il devient la municipalité de la Paroisse de L’Ascension. En deux années seulement, la communauté se dote de deux institutions indispensables pour être considérée comme un village en bonne et due forme : un statut paroissial et un statut municipal. Julien Beauvais est élu comme premier maire.

Saviez-vous que?

Querelle sur le site de l'église

Lorsque vient le temps de choisir le site d’une église, la plupart des villages de l’époque sont témoins d’un conflit entre habitants. La messe étant une activité hebdomadaire, la plupart des nouveaux arrivants veulent s’établir à proximité. Pire encore, considérant que les commerçants et les professionnels font pareil, si l’église est loin, cela veut aussi dire que tous les services sont loin. Ainsi, à la fin du 19e siècle lorsque la question de la construction d’une église est soulevée, trois groupes de colons s’affrontent pour que l’église soit construite à proximité de leurs maisons. Le premier groupe veut qu’elle soit construite sur le lot 25, rang II, du canton Lynch. Leur argument : la chapelle s’y trouve déjà. Le deuxième groupe milite pour le lot 21 du même canton, parce que c’était l’endroit où le curé Labelle avait planté une croix lors d’un voyage de 1880, déclarant l’endroit futur site de l’église de L’Ascension. Le troisième milite plutôt pour le lot 16 ou 26 du canton Mousseau, de l’autre côté de la rivière, argumentant qu’une construction dans le canton Lynch les forcerait à traverser la rivière tous les dimanches. La querelle est finalement réglée avec l’arrivée en 1903 du premier curé permanent qui tranche sur le lot 25 du canton Lynch, où se trouve maintenant le cœur du village.

1945

Années 1970

Repas au camp de bûcherons, région de l'Ascension

L'après-guerre et la diversification économique

Depuis ses débuts, l’économie de L’Ascension est intimement liée à l’industrie forestière. Plusieurs résidents tirent leur gagne-pain du travail dans la forêt, que ce soit comme bûcherons et draveurs ou en tant que « jobbers » (sous-contractants pour les grandes compagnies forestières comme la Hamilton Brothers ou, plus tard, la Canadian International Paper). Cette réalité perdure dans le temps et continue d’être vraie aujourd’hui, bien que les crises de l’économie forestière, d’abord aux débuts des années 1980 puis au début des années 2000, ont grandement ralenti l’industrie forestière dans la région de L’Ascension par rapport au dynamisme des premières décennies.

 

Comme pour beaucoup d’autres villages des Hautes-Laurentides, L’Ascension commencera à diversifier son économie en se lançant dans l’économie touristique, une bonne chose considérant les difficultés que vivra l’économie forestière dans la seconde moitié du 20e siècle. Apparaissent d’abord les clubs privés et les pourvoiries, comme le Club Patry inc. à partir de 1947, situé au nord-est du village. Plus tard, à partir des années 1970, on voit apparaitre les zones d’exploitation contrôlée (zecs), comme la zec Maison-de-Pierre au nord de L’Ascension, qui témoigne encore aujourd’hui de la vocation touristique qui habite le village de L’Ascension et qui est venue s’ajouter à la vocation forestière qu’avait le village depuis ses origines.

Saviez-vous que?

Mine de peinture

Bien que l’industrie forestière et touristique sont à l’avant-plan dans l’économie de L’Ascension, ce ne sont pas là les seules industries qui servent de poumons à la ville. On compte également, au fil de son histoire, plusieurs commerces et manufactures, dont une usine de peinture. En effet, lors des analyses de sols en anticipation de la construction du chemin de fer du P’tit train du Nord au début du siècle dernier, on se rend compte que le sol au sud du village de L’Ascension, près de ce qu’on connait maintenant sous le nom du Lac à la Peinture, est riche en ocre permettant de produire de la peinture rouge et jaune. En 1917, la Paint Product of Canada Cie ouvre ses portes sur les rives du lac. L’entreprise reste en action pendant 7 ans, jusqu’en 1924, moment où un incendie détruit le bâtiment et où on abandonne le projet.