Fenêtre sur le passé
En chargement

1902

Premiers arrivants

La première famille à s’établir dans le territoire de colonisation est celle de Joseph Dufour, en 1902. Les nouveaux arrivants s’établissent alors dans un territoire non-municipalisé qui se concentre autour du lac Saint-Paul, à l’époque le lac Moreau. En 1915, les colons de Lac-Saint-Paul sont relativement nombreux. Cette année-là, ils réunissent les 400 dollars nécessaires pour qu’un vicaire de Ferme-Neuve vienne faire la messe dans leur petit village tous les dimanches.

Terre des Demers dans le rang III du canton Moreau, vers 1903

Saviez-vous que?

Lac... Gorman, Moreau ou Saint-Paul

Le lac qui se trouve au cœur du village n’a pas toujours porté le nom qu’il a aujourd’hui. À l’arrivée des premiers colons, on le connaissait sous le nom de lac Gorman, en l’honneur d’un jobber (sous-contractant) de la MacLaren qui y avait son chantier. Vers 1900, il est renommé Moreau en raison du canton dans lequel il se situe, mais même 15 ans plus tard, on constate dans des échanges épistolaires que les habitants de Lac-Saint-Paul continuent de l'appeler le lac Gorman. Le lac prend le nom de Saint-Paul en 1919 lorsqu’on érige la paroisse, nommée en l’honneur de Saint Paul de Tarse.

1919

La première institutrice, Hélène Lebeau, et ses deux frères

Formation de la paroisse

Trois ans plus tard, en 1918, les colons de Lac-Saint-Paul en ont vraisemblablement assez de leur statut de mission catholique et de ne pas avoir de prêtre résident. Ils présentent donc une nouvelle requête, cette fois-ci à l’évêque du diocèse de Mont-Laurier, Mgr François-Xavier Brunet. Ils y demandent l’érection d’une chapelle et d’une nouvelle paroisse concentrée autour du lac Moreau. Leur souhait est accordé par Mgr Brunet l’année suivante, en 1919. Une toute nouvelle paroisse y est érigée. Cette dernière prend le nom de Saint Paul de Tarse et est officiellement détachée de la paroisse de Ferme-Neuve de laquelle elle faisait jusque-là partie. Le lac, jusqu’alors officiellement le lac Moreau, devient le lac Saint-Paul.

 

L’année 1919 est donc marquée par la construction d’une chapelle au coût de 1 850$, qui servira aussi d’école. C’est aussi cette année, le 19 octobre, qu’arrive le premier curé résident de la paroisse, Palma Allard. L’année 1920 est pour sa part marquée par la construction du presbytère par l’entrepreneur lauriermontois Samuel Ouellette au coût de 2 500$ et destiné à accueillir le père Allard en poste depuis maintenant un an. Trois ans avant l’érection officielle de la municipalité de Lac-Saint-Paul, la petite communauté s’organise déjà sous des institutions officielles. Ce n’est plus qu’une question de temps avant que les 256 nouveaux paroissiens et paroissiennes se voient ériger en corporation municipale.

1922

L'église

Formation du village

C’est le 11 septembre 1922 qui marque cette occasion. Suffisamment nombreux (plus de 300 « âmes »), les instances publiques prennent la décision qu’il est temps de faire de la jeune paroisse de Lac-Saint-Paul une nouvelle municipalité. On découpe cette dernière autour du centre villageois qui se trouve autour du lac Saint-Paul, en allant chercher du territoire dans les rangs II, III, IV, V et VI du canton Moreau en plus d’y intégrer une partie du canton Pérodeau où beaucoup de colons s’étaient établis dans les années précédentes. C’est ainsi que le village est détaché de la corporation municipale des cantons unis de Würtele, Moreau et Gravel pour devenir la municipalité de Lac-Saint-Paul.

 

Les années suivantes, le village prend forme. Un premier bureau de poste est construit en 1923, tenu par Albert Jolicoeur. En 1926, on procède à l’érection canonique de la paroisse. Quelques années plus tard, en 1931, on fait la demande à l’évêque du diocèse de Mont-Laurier pour l’établissement d’une nouvelle église, la chapelle-école utilisée depuis 1919 commençant à être étroite pour les paroissiennes et paroissiens de Lac-Saint-Paul. Le 1er février 1932, les fidèles de la paroisse sise au sein du canton Moreau reçoivent une réponse favorable de l’évêque Limoges. Les travaux sont autorisés, aux coûts de 6 000$. Deux ans plus tard, les plans dessinés par Charles Grenier sont acceptés par le diocèse de Mont-Laurier. La construction est assumée par les frères Lebrun de l’Annonciation (Rivière-Rouge) et se termine en l’année 1935.

1950

Une des écoles de rang du village

Développements commerciaux et industriels

Avec son statut de municipalité, de paroisse et une population en augmentation,  l’avenir de Lac-Saint-Paul semble brillant. La communauté continue de se développer, les écoles de rangs se multiplient de même que les services offerts par la municipalité au sein du village. Au début des années 1940, Ernest Dufour ouvre son magasin-général sur la rue principale, offrant aux paulacquoises et paulacquois un service plus qu’apprécié (on y retrouve d’ailleurs toujours le dépanneur du village,  espèce de magasin-général des temps modernes). En 1943, la municipalité juge nécessaire de faire construire une salle municipale pour y accueillir la vie sociale et culturelle du village. Vraisemblablement la population est en augmentation et bien active. En 1950, pour la première fois, quelques maisons dans le village sont connectées au service d’électricité. Comme pour les autres villages régionaux, Lac-Saint-Paul connait un départ difficile. Les premiers arrivants ont tout à faire, mais une fois la base établie, on connait une forte hausse démographique et, dans le cas de Lac-Saint-Paul, on observe cette croissance jusque dans les années 1950 ou 1960.

Saviez-vous que?

La commune du Pérodeau

Dans les années 1960 et 1970, avec la mouvance hippie, plusieurs communes font leur apparition sur le territoire québécois. Dans les Hautes-Laurentides, c’est sur le territoire de Lac-Saint-Paul, autour du lac Pérodeau, que les hippies iront s’installer. Durant les années de la commune du Pérodeau, des années 1970 jusqu’aux années 1980, c'est une trentaine d’individus qui y vivront en communauté, loin des soucis de la vie moderne. On y vivait dans des habitations basiques, parfois décorées de manière extravagante. On y cultivait ses légumes dans les potagers et la commune avait sa propre coopérative d’alimentation. La petite communauté se surnommait la tribu des « Lacs-à- Lacs ».

Années 1950 - 2000

Vue sur le lac

L'après-guerre et la centralisation

Comme pour la plupart des villages des Hautes-Laurentides, et du Québec d’ailleurs, c’est la seconde moitié du 20e siècle qui sera synonyme d’une période de ralentissement. Le tout s’explique en bonne partie par l’avènement de la révolution Tranquille et la « modernisation » du Québec. Cette période dans l’histoire québécoise est synonyme de centralisation, et notre région n’y échappe pas. Dans les décennies qui suivent, la vaste majorité des services sont concentrés dans les grands centres régionaux : Mont-Laurier dans la vallée de la Lièvre et Rivière-Rouge dans la vallée de la Rouge.

 

Lac-Saint-Paul n’échappe pas aux conséquences négatives de ce phénomène centralisateur. Dans les années 1960-1970, la commission scolaire Saint-Paul, qui s’occupait des écoles de la municipalité, est intégrée à la Commission scolaire régionale Henri-Bourassa, qui deviendra dans les années 1980 la commission scolaire Pierre-Neveu. La centralisation n’échappe pas non plus au domaine religieux. Jugée trop peu populeuse, la paroisse de Lac-Saint-Paul est fusionnée à celle de Chute-Saint-Philippe dès 1961, seulement une quarantaine d’années après que les autorités religieuses aient statué que le village de Lac-Saint-Paul était suffisamment populeux pour justifier la création d’une nouvelle paroisse.

 

Depuis la moitié du 20e siècle, le village de Lac-Saint-Paul semble donc stagner au niveau démographique. Comme les autres villages de la MRC d’Antoine-Labelle, la centralisation des services dans les centres de Mont-Laurier et Rivière-Rouge aura entrainé une stagnation démographique et économique. Les nouveaux emplois font systématiquement leur apparition dans les grands centres de services précédemment mentionnés, ce qui ne laisse que peu de chance aux villages environnants d’attirer de nouveaux citoyens et citoyennes.