Fenêtre sur le passé
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1903

Premiers arrivants

Il est difficile de déterminer qui sont les premiers colons du canton Boyer, qui représente le futur territoire de Lac-Saguay. On sait toutefois que la colonisation de ce territoire commence véritablement au début du 20e siècle, dû à deux événements bien spécifiques. D’abord, la construction du chemin Gouin de 1903 à 1905, qui relie Nominingue et Ferme-Neuve. Ensuite, le prolongement du chemin de fer du P’tit train du Nord de Nominingue jusqu’à Mont-Laurier réalisé entre 1904 et 1909. Ces deux nouvelles voies d’accès aux territoires passent alors par le futur village de Lac-Saguay et motiveront le mouvement de colonisation subséquent.

 

Le territoire étant maintenant facilement accessible, une foule de colons s’établit dans le canton Boyer, particulièrement là où se croisent le chemin de fer et le chemin Gouin, au lac Saguay. Certains, visionnaires, voient le potentiel de ce carrefour de la colonisation, comme Calixte Constantineau qui ouvre une maison de pension sur la rive du lac à cette époque.

Calixte Constantineau

1911

Le déraillement de 1947

Un développement rapide

Quelques années seulement après l’ouverture du chemin Gouin et de la ligne ferroviaire, la localité de Lac-Saguay a déjà des allures de village. En 1911, le nombre de fidèles dans le canton est suffisant pour justifier de l’ériger en mission catholique. Le service religieux sera assuré par un prêtre-missionnaire basé à Nominingue puis, plus tard, par un prêtre-missionnaire de Mont-Laurier. En 1914, on compte déjà plus de 400 résidents, huit moulins à scie, trois carrières, plusieurs hôtels et magasins-généraux et, pour la première fois cette année-là, une institutrice.

1929

Un chantier forestier de Lac-Saguay

L'économie forestière

L’économie de Lac-Saguay repose alors essentiellement sur l’industrie forestière. Si le développement du village continue durant les années 1920 (on compte 552 habitants en 1921 contre 412 en 1911), il s’arrêtera abruptement à la fin de la décennie avec la crise économique de 1929. Cette dernière affecte fortement le secteur forestier et le dynamisme économique que connaissait jusque-là Lac-Saguay s’arrête soudainement : plusieurs emplois sont perdus et la création de nouveaux postes se fait rare. Les plus petites scieries, qui n’ont pas les reins assez solides, ferment leurs portes et, à la sortie de la Seconde Guerre mondiale, le secteur des moulins à scie s’est consolidé autour des deux plus grosses scieries : la Eagle Lumber et le moulin Georges Painchaud.

Saviez-vous que?

Les carrières de Lac-Saguay

Alors que les villages de la région développent une économie essentiellement tournée vers le secteur forestier, vient s’ajouter, dans la région de Lac-Saguay, un important développement de l’industrie des carrières pour produire du granit destiné à la construction et à certaines utilisations spécialisées. Dès le début du 20e siècle, on compte trois importantes mines de granite dans la localité. La pierre extraite sert à de nombreuses fins : la qualité et la finesse de son grain en font une pierre d’exception pour construire des pierres tombales, mais elle sert aussi à la création de rouleaux presseurs pour les usines de pâtes et papier de l’Amérique en plus de servir à la construction régionale et extérieure, notamment l’évêché et l’ancien monastère des bénédictines (maintenant un Hôtel de ville) à Mont-Laurier.
L'église en 2007

La formation du village

Avant le déclin de l’économie forestière à partir de 1929, la population du canton de Boyer, maintenant relativement nombreuse, commence l’organisation institutionnelle de leur communauté. En 1921, suite aux demandes de la population envers l’évêque de Mont-Laurier, on consacre finalement le territoire de Lac-Saguay en paroisse et le premier curé résident s’y établit. En 1927, on construit un premier presbytère pour accueillir le curé et, en 1936, on construit une église en bonne et due forme pour remplacer la chapelle construite en 1913.

Saviez-vous que?

Bédard, Terre-Haute et Hébert

La municipalité de Lac-Saguay actuelle est la résultante de la fusion de plusieurs petits villages éparpillés dans le canton Boyer. En 1911, les missions de Hébert (aujourd’hui le cœur villageois de Lac-Saguay), Bédard et Terre-Haute s’organisent sous la corporation municipale du canton Boyer-Ouest. Ces trois villages sont alors des communautés indépendantes : ils ont tous leur école, leur chapelle et leurs industries. Ce n’est que plus tard au 20e siècle que les trois villages deviennent la municipalité de Lac-Saguay et que s’opère une centralisation des services dans le village du même nom. Aujourd’hui, les petits villages environnants ont presque disparu de l’imaginaire collectif et on ne connait que celui de Lac-Saguay.

1945

L'auberge du Pain chaud

L'après-guerre

Les années qui suivent la fin de la Deuxième Guerre mondiale sont en teintes de gris. D’un côté, le recul dans l’industrie forestière et la faillite de plusieurs moulins à scie entrainent un dépeuplement massif du canton Boyer et de Lac-Saguay durant cette période. À la fin des années 1940, on ne compte plus qu’une quarantaine d’habitants au village, ce dernier est presque mort. Mais, d’un autre part, la population locale continue d’être très dynamique et enclenche un virage vers l’économie touristique pour pallier aux manquements de l’industrie forestière.

1962

L'hôpital des Laurentides

L'effervescence des années 1950 et les décennies suivantes

Ainsi, la morosité des années 1940 fait contraste avec l’effervescence des années 1950. Le virage touristique amorcé dans la décennie précédente porte fruit et l’économie de Lac-Saguay connait un dynamisme incroyable dans la décennie qui aboutit sur la plus grande croissance démographique que connaitront les localités de la vallée de la Rouge durant la période. Parallèlement au développement de cette industrie touristique, Lac-Saguay se tourne aussi lentement vers l’économie de services, via l’Hôpital des Laurentides à L’Annonciation (Rivière-Rouge), construit de 1957 à 1962 et via les services offerts à Mont-Laurier. Bien que ces services ne soient pas situés à Lac-Saguay, l’évolution des routes et des méthodes de transport permet aux habitant.es de trouver de l’emploi sans devoir quitter le village.

 

Aujourd’hui, la situation est semblable. Les centres de Mont-Laurier et Rivière-Rouge offrent de nombreux emplois pour la population de Lac-Saguay qui occupe maintenant une fonction essentiellement résidentielle pour les habitants de la région. Outre le secteur des services, c’est le secteur touristique qui continue d’alimenter l’économie de Lac-Saguay, particulièrement via le domaine de la villégiature et grâce au Parc régional Kiamika qui se situe sur sa frontière nord.

Saviez-vous que?

Le chansonnier Claude Gauthier

L’histoire du Québec moderne est parsemée de chansonniers célèbres qui ont chanté notre identité. L’un de ceux-ci venait de Lac-Saguay, le fameux Claude Gauthier. Injustement oublié face aux Félix Leclerc et Gilles Vigneault de ce monde, Claude Gauthier nait à Lac-Saguay en 1939. En 1954, il part s’installer à Montréal où il commencera une carrière très réussie dans les arts musicaux et les arts de la scène. Ses chansons remportent de nombreux prix prestigieux, il partagera la scène avec, notamment, Gilles Vigneault, Pauline Julien et Clémence Desrochers et jouera dans des pièces de théâtre et des films, dont un, « Les Ordres » de Michel Brault, ira même jusqu’à remporter le prestigieux prix de la mise en scène au festival de Cannes. À Lac-Saguay, l’une de ses chansons, « Le grand six pieds », est immortalisée dans la pierre via une statue de Roger Langevin, que l'on peut observer au parc Georges-Painchaud.