Fenêtre sur le passé
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1880

Premiers arrivants

Après les compagnies forestières, c’est vers la fin du 19e siècle que les premiers colons commencent à s’établir dans le canton de Dudley, qui composera plus tard l’essentiel de la municipalité de Lac-du-Cerf. Dès 1880, la famille des époux Herménégilde et Marguerite Valiquette est installée sur la rivière, près du lac Tomkin. En 1884, Siméon Grenier, le fils d’un des fondateurs de Notre-Dame-de-Pontmain, s’est installé sur la rive opposée de la rivière par rapport à son père, dans le canton de Dudley.

 

La colonisation de Lac-du-Cerf continue ainsi pendant les premières années du 20e siècle. Le territoire est alors essentiellement vierge : ce sont des colons-agriculteurs qui s’y installent dans le but de défricher et de cultiver. Ce sont alors les villages environnants, Saint-Aimé-du-Lac-des-Iles ou Kiamika au nord et Notre-Dame-de-Pontmain au sud, qui prodiguent les services à cette population agricole. Le mouvement de colonisation est alors lent, car il se fait sur une base volontaire : contrairement à beaucoup de colonies régionales dont le développement était supporté par le clergé ou par une société de colonisation, la colonie de Lac-du-Cerf ne peut compter que sur le bouche-à-oreille pour attirer de nouveaux colons.

Une maison de colonisation de Lac-du-Cerf

1895

Joseph Boismenu devant son modeste camp, 1926

Un lent commencement

Cette faible densité de population au cœur du canton Dudley, le futur territoire de Lac-du-Cerf, et sa relative proximité avec des villages déjà établis, retarde considérablement le développement des institutions à Lac-du-Cerf, les colons étant techniquement desservis par Saint-Aimé-du-Lac-des-Iles ou Notre-Dame-de-Pontmain. Officiellement, les trois villages font partie de la même municipalité de 1895 à 1916, au sein de la corporation municipale des cantons unis de Wabassee, Dudley et Bouthillier, moment où Saint-Aimé-de-Lac-des-Iles se municipalise. Le territoire de Lac-du-Cerf, pour sa part, continue d’être attaché à la municipalité des cantons unis dont les affaires se tiennent essentiellement à Notre-Dame-de-Pontmain. Cette réalité est d’ailleurs reflétée dans le nouveau nom adopté par la municipalité en 1945, Notre-Dame-de-Pontmain, abandonnant par le fait même la référence au canton Dudley et donc à Lac-du-Cerf. Clairement, on annonce que le cœur de la municipalité est Notre-Dame-de-Pontmain et ceux qui habitent le canton Dudley, autour des deux lacs du Cerf, vivent de plus en plus de frustration due à l’éloignement des services.

Saviez-vous que?

La conscription et la vague de colonisation des années 1910

Selon les témoignages recueillis dans le cadre du projet « Racontez-nous grand-mère », la soudaine explosion dans l’arrivée de colons à la fin les années 1910 pourrait s’expliquer par la tenue de la Première Guerre mondiale. En 1917, le Canada déclare la conscription, forçant les hommes entre 20 et 45 ans à s’enrôler dans l’armée. Les Canadiens-français, qui s'opposaient en masse à la conscription, sont nombreux à déserter lorsque cette dernière est déclarée et partent se réfugier dans les régions les plus isolées du Québec. Plusieurs se seraient installés à Lac-du-Cerf, qui était alors relativement isolé et éloigné de quelconques autorités municipale ou juridique.

1939

L'église Notre-Dame-de-Lourdes

Formation du village

Les choses commencent toutefois à changer dès le début des années 1940. En 1939, il y a suffisamment de personnes autour des lacs du Cerf pour qu’on nomme le territoire une mission. L’année suivante, les habitants ont déjà terminé la construction de leur première église, avant même d’obtenir un curé permanent. En 1946, à la suite d’une requête faite à Mgr Limoges, les habitants deviennent finalement une paroisse en bonne et due forme, nommée Notre-Dame-de-Lourdes, et le premier curé permanent, Donat Dumouchel, s’y établit. La même année, le village se dote d’une première institution scolaire avec la création d’une commission scolaire qui aboutit sur la construction de l’école Notre-Dame-de-Fatima, où réside aujourd’hui l’Hôtel de ville.

Années 1940

Une pêche à la pourvoirie Wester

Les développements économiques

Le dynamisme des années 1940 ne se limite toutefois pas aux institutions publiques et on peut constater la même énergie dans le développement de l’économie, particulièrement au niveau des secteurs forestier et touristique. Plusieurs scieries se mettent en œuvre dans les alentours du village durant la décennie et, au village même, plusieurs shops à bois ouvrent leurs portes. À l’avant-garde de l’industrie touristique, la localité de Lac-du-Cerf commence cette aventure dès les années 1920 avec Le club Lac-du-Cerf sur le Petit Lac du Cerf, qui deviendra la pourvoirie Boismenu. Puis, vient s’ajouter à cela les pourvoiries Wester et Valiquette dans les années 1940. Et cet afflux de personnes motivées par l’industrie touristique permettra au village de développer une solide économie commerciale dans les domaines des restaurants, stations-services, hôtels et garages.

Saviez-vous que?

L’industrie des shops à bois

Napoléon Blais ouvre sa boutique à bois vers 1925, au deuxième étage de son moulin à scie. Comme le bois est beau dans la région, Blais connait un succès certain avec sa shop. Quinze ans plus tard, dans les années 1940, plusieurs sont inspirés par son succès. Les shops à bois d’Auguste Désormeaux, d’Herménégilde Marier et d’Elphège Émard ouvrent leurs portes durant la décennie, débutant pour de bon la fière tradition des shops à bois à Lac-du-Cerf.

1954

Municipalisation

Tout ce développement survenu dans les années 1940 et 1950 donne une véritable allure de village à la localité, avec ses industries, ses commerces, son école et son église. Mais Lac-du-Cerf fait alors toujours partie de la municipalité de Notre-Dame-de-Pontmain. La situation ne fait plus de sens, Lac-du-Cerf a alors décidément le potentiel d’être une municipalité à part entière. Cette réalité se concrétise en 1954 avec la création de la municipalité de Lac-du-Cerf.

Années 1980

La shop à bois Bondu

L'après-guerre et l'industrie touristique

Contrairement à bien d’autres villages des Hautes-Laurentides, Lac-du-Cerf est relativement peu touché par la crise économique du début des années 1980. D’abord, alors que les autres villages de la région se réorientent vers l’industrie touristique pour pallier aux ralentissements dans l’industrie forestière, Lac-du-Cerf peut déjà compter sur une économie touristique solide déjà en développement depuis une soixantaine d’années. Ensuite, alors que les autres villages des Hautes-Laurentides avaient développé une économie forestière axée sur le secteur primaire, soit l’extraction des ressources, Lac-du-Cerf avait déjà développé une fière industrie de shops à bois axée sur la transformation des produits du bois. Alors, lorsque la demande de bois s’effondre au début des années 1980 et cause la fermeture de beaucoup des moulins à scie des Hautes-Laurentides, ceux de Lac-du-Cerf peuvent continuer de compter sur la demande en bois des shops du village. Bien que la crise des années 1980 reste un coup très dur pour le village, il s’en tire mieux que d’autres grâce à une économie qui était déjà plus diversifiée.

 

Aujourd’hui, Lac-du-Cerf continue essentiellement dans ces deux vocations : celle du tourisme et celle de la forêt. L’économie forestière continue d’occuper une place importante au village via l’entreprise Les maisons de pièces Bondu et on retrouve encore aujourd’hui sur le territoire de la municipalité plusieurs pourvoiries et autres services de location de chalets. Depuis les années 2000, la municipalité développe également un volet récréotouristique, venant s’ajouter à ceux de la villégiature, de la chasse et de la pêche, via la plage municipale La Biche et le sentier écologique Le petit castor.

Saviez-vous que?

Le mont Limoges

Le mont Limoges constitue l’un des attraits touristiques de la municipalité. Situé entre les deux Lacs du Cerf, le mont s’appelait autrefois la montagne Sèche jusqu’en 1965, moment où Origène Martel fait la demande pour renommer la montagne en l’honneur de l’ancien évêque du diocèse, Mgr Joseph Limoges, qui venait de mourir. Martel a alors aussi l’intention de mettre le mont en valeur et dès lors, le développement touristique de l’endroit commence. Celui-ci devient plus concret en 1987 via la création de l’organisme « Les Amis du mont Limoges » qui a pour mission de développer et de mettre en valeur le potentiel touristique de la montagne. Aujourd’hui, plusieurs sentiers parcourent la montagne et quelques belvédères offrent des vues remarquables sur la région.