Fenêtre sur le passé
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1887

Premiers arrivants

Aujourd’hui un secteur de la ville de Mont-Laurier, ce n’est pas d’hier que le village de Saint-Jean-sur-le-Lac et Mont-Laurier connaissent une relation étroitement liée. C’est effectivement Mont-Laurier, alors Rapide-de-l’Orignal, qui sera la plateforme de lancement pour la colonisation du lac Brochet, plus tard le village de Saint-Jean-sur-le-Lac. Suite à l’établissement des premiers colons à Mont-Laurier en 1885, plusieurs autres familles s’installent près des premiers pionniers, généralement en suivant les cours d’eau. Attirées par la qualité des terres, plusieurs familles de colons s’établissent sur la Lièvre vers le sud (Lac-des-Iles) alors que d’autres suivent le ruisseau Bock vers l’ouest. En 1887, seulement deux ans après l’établissement des premiers colons au Rapide-de-l’Orignal, on rapporte déjà que des colons se sont établis au lac Brochet, (aujourd’hui le lac des Sources à Saint-Jean-sur-le-Lac) arrivés via la colonisation sur le ruisseau Bock. Plus tard, une seconde vague de colons arrivera sur le futur territoire de Saint-Jean-sur-le-Lac par le sud, via l’expansion de la colonisation dans la localité actuelle de Saint-Aimé-du-Lac-des-Iles.

Camp de bûcherons, région de Val-Limoges

1913

Le pont Devlin

Un lent commencement

Mais la colonisation de Saint-Jean-sur-le-Lac est alors lente. Aucun chemin officiel ne s’y rend alors. Cette situation change dans les années 1910. En 1912, le ministre de la Colonisation, Charles Devlin, autorise la construction d’un nouveau pont traversant la Lièvre, accompagné d’un nouveau chemin de colonisation qui permettrait d’accéder aux cantons à l’ouest de Mont-Laurier. Le chemin Devlin est achevé en 1913 et la colonisation de Des Ruisseaux reprend de plus belle, après une décennie de stagnation.

1913

Mgr François-Xavier Brunet

Formation de la colonie de Saint-Jean-sur-le-Lac

Cette même année arrive à Mont-Laurier le premier évêque du tout nouveau diocèse régional, Monseigneur François-Xavier Brunet, qui a lui-même l’intention de revitaliser la colonisation de la région qui s’est ralentie depuis le début du 20e siècle. Il installe à Saint-Jean-sur-le-Lac le curé Harold Monty qui, dans le but d’aller chercher les faveurs du ministre Devlin, nomme la toute nouvelle colonie « Saint-Charles-de-Devlin ». Pendant ce temps, Mgr Brunet encourage les fils de cultivateurs du reste de son diocèse d’aller s’établir dans la nouvelle colonie et cela ne prend pas de temps pour que les terres soient occupées du lac Brochet au lac Paradis, plus à l’ouest.

Saviez-vous que?

Le pont et le chemin Devlin

Aujourd'hui, on traverse la rivière du Lièvre pour arriver dans Des Ruisseaux au niveau du pont de l'hôpital de Mont-Laurier. Avant la construction de la route Montréal-Abitibi en 1940, ce pont n'existait pas. Il fallait alors passer par le pont Devlin qui traversait la Lièvre environ un kilomètre au sud du pont de l'hôpital actuel. On arrivait alors sur le chemin Devlin, qui longeait la rivière et qui correspond à la route 309 actuelle. Pour pénétrer le territoire de Des Ruisseaux, le chemin Devlin longeait alors la Lièvre vers le nord, dépassait l'actuel tracé de la route 117 et tournait finalement à l'ouest au niveau de la montée du Rang 4, qu'on appelle communément aujourd'hui le « chemin de la scie ronde ». On rejoignait ainsi le 5e rang Nord à partir duquel le chemin Devlin continuait pour se rendre à la colonie de Saint-Jean-sur-le-Lac.

1942

Mgr Joseph-Eugène Limoges

La colonisation de Val-Limoges

Une dernière vague de colonisation survient après la Deuxième Guerre mondiale. En 1940, la route nationale Montréal-Abitibi est achevée. Dès lors, l’évêque Joseph-Eugène Limoges confie la tâche à l’abbé Adélard Roy d’ouvrir une nouvelle colonie à l’ouest de Saint-Jean-sur-le-Lac, vers la baie des Sables. Les premiers colons arrivent au printemps 1942 sous les encouragements de l’abbé Roy. Un an après seulement, en 1943, la jeune colonie est suffisamment populeuse pour justifier la construction de la première école du village, qui servira aussi de chapelle jusqu’à la construction de l’église en 1949. La colonie sera nommée Val-Limoges en l’honneur de l’évêque ayant commandé sa création.

La production du moulin Hervé-Lafleur en route pour la gare

L'économie forestière

Saint-Jean-sur-le-Lac, comme Val-Limoges, ont une histoire étroitement liée à l’agriculture et à la foresterie. De grands moulins à scie d’importance ouvriront leurs portes sur les rives des lacs de Des Ruisseaux, comme celle de Paul-Émile Fleurant (Lac des Sources), d’Hervé Lafleur (Lac Gatineau) et de Maurice Bélisle à Val-Limoges. Dans la première moitié du 20e siècle, la plupart des familles vivent majoritairement de l’agriculture. Le sol étant généralement pauvre, l’hiver, une bonne partie des hommes vont chercher un revenu d’appoint en allant travailler sur les chantiers forestiers.

1945

La station-service et restaurant de Donat Arbour, Saint-Jean-sur-le-Lac

L'après-guerre : fonction résidentielle et commerciale

L’économie de Saint-Jean-sur-le-Lac et de Val-Limoges restera ainsi très peu diversifiée au fil de son histoire. Dans la seconde moitié du 20e siècle, l’économie des deux villages continue de reposer majoritairement sur l’industrie du bois. Si les deux villages connaissent une petite vie commerciale (épiceries de villages), celle-ci reste marginale. Et qui dit population agricole, dit population autonome et isolée, d’où l’absence de développements dans les services municipaux (aqueducs, trottoirs, éclairages des rues, etc.).

Cette absence de développement des services municipaux aura toutefois des conséquences inattendues sur le développement de Saint-Jean-sur-le-Lac et de Val-Limoges dans les dernières décennies du 20e siècle. Car qui dit absence de services dit aussi taxes municipales moindres. Ainsi, plusieurs commerces s’installent sur le boulevard Des Ruisseaux, juste à la sortie de Mont-Laurier, passé le pont de l’hôpital, donnant à cette partie de la ville l’apparence qu’elle a aujourd’hui. Dans le même ordre d’idées, beaucoup de personnes prennent la décision de s’établir à Des Ruisseaux pour échapper aux coûts associés aux services publics prodigués par la ville de Mont-Laurier. Des Ruisseaux devient ainsi, avec le temps, un secteur qui pourrait être qualifié de banlieue lauriermontoise. On y habite, mais on travaille généralement à Mont-Laurier.